STATISTIQUES RÉGIONALES : RÉUNION

Région ultra-périphérique de l’Union européenne, l’île de la Réunion connaît une croissance économique soutenue, grâce à une démographie dynamique et à des mesures exceptionnelles de défiscalisation.
Son industrie est jeune et marquée par la prédominance de l’agroalimentaire. Ses limites étant atteintes sur le marché local, l’industrie est contrainte d’exporter pour poursuivre son développement.

UNE ÉCONOMIE MARQUÉE PAR D'IMPORTANTES CONTRAINTES ET DES DÉSÉQUILIBRES PRÉOCCUPANTS

Les contraintes naturelles et démographiques
La Réunion, île montagneuse de l’Océan indien, se situe à 700 km à l’est de Madagascar, 180 km au sud-ouest de l’île Maurice et à 10 000 km de Paris. Pour une superficie de 2 507 km2, sa population compte 784 000 habitants. En raison du relief, cette population se concentre principalement sur les zones littorales de l’île, créant ainsi de fortes pressions foncières sur ces zones.
La croissance démographique reste encore forte, avec un taux de natalité voisin de 20 %.

Des déséquilibres préoccupants malgré une croissance soutenue

La conjoncture des départements d’Outre-mer reste étroitement liée aux évolutions métropolitaines.

La valeur du Produit Intérieur Brut (PIB) a progressé à un rythme estimé à 7,3 %.

Malgré une croissance économique soutenue (de l’ordre de 4,9 %), les déséquilibres sociaux demeurent ou s’amplifient du fait de l’évolution démographique. Au premier rang de ces déséquilibres, le chômage apparaît comme étant le fléau de la société réunionnaise (le taux actuel est de 29,1 %).

En 2005, les échanges orientés essentiellement vers la métropole, sont sévèrement déséquilibrés. La valeur totale des exportations s’élève à 262 millions d’euros alors que la valeur des importations atteint 3,7 milliards d’euros. Le solde du commerce extérieur présente un déficit de 3,4 milliards d’euros.

UN TISSU INDUSTRIEL JEUNE, ESSENTIELLEMENT TOURNÉ VERS L'AGROALIMENTAIRE

Le tissu industriel est constitué de petites et jeunes entreprises. Parmi elles seulement 207 emploient plus de 50 salariés. Les entreprises de moins de 10 salariés représentent 95 % du parc.
De façon générale, les PMI réunionnaises sont jeunes : leur moyenne d’âge est d’environ dix ans. Leur répartition géographique est équilibrée entre le nord, l’ouest (concentration au Port), et le sud.

Elles sont particulièrement présentes dans le secteur des services.

Le tissu industriel est également en cours de structuration du fait notamment de la diversification des sociétés sucrières qui rassemblent autour d’elles un ensemble de PMI.

Le secteur industriel est composé de trois principaux types d’entreprises

  • les sociétés sucrières, fortement exportatrices, qui constituent l’assise historique du développement industriel local. À la suite de structurations successives, ces sociétés ne sont plus que deux ;
  • les sociétés créées sur le marché de l’import-substitution, essentiellement constituées d’entreprises agroalimentaires s’appuyant sur la production locale (agriculture et élevage) et d’entreprises qui exercent une activité liée à ce secteur (emballage, matières plastiques) ;
  • les sociétés liées à l’activité du bâtiment et des travaux publics. Ce secteur a largement bénéficié, indirectement, des mesures de défiscalisation.

Les autres secteurs, tels que l’imprimerie ou la chimie, restent d’un poids limité.

Le développement de l’activité industrielle tient à l’accroissement de la consommation locale, sous les effets conjugués de la croissance démographique, de la modification du mode de vie, et du développement de la fréquentation touristique de l’île.

Les investissements importants, favorisés notamment par des dispositions fiscales avantageuses, ont accéléré la mutation du tissu industriel. Ces investissements ont été réalisés sans dégrader la structure financière des entreprises. Le taux d’endettement des entreprises réunionnaises est en effet très largement inférieur à celui des entreprises métropolitaines.

Mais les créneaux d’import-substitution ne laissent plus aujourd’hui apparaître que des niches d’activités relativement peu porteuses de développement significatif.
Aussi n’est-il pas étonnant de voir les entreprises se positionner maintenant à l’exportation dans l’optique d’une augmentation des volumes d’affaires.

DES HANDICAPS STRUCTURELS

De nombreux handicaps structurels affectent le secteur industriel de la Réunion : absence de ressources naturelles, éloignement géographique, étroitesse du marché, concurrence des importations… Les ressources naturelles minérales ou végétales restent pour le moins modestes. En particulier, les ressources minérales de l’île sont inexistantes, à l’exception des matériaux de construction.

L’éloignement des sources d’approvisionnement ne permet pas la gestion en flux tendu telle qu’elle est pratiquée en Europe. Les approvisionnements constituent pour l’essentiel des entreprises un souci majeur. Les délais d’approvisionnement impliquent un stockage important, et les coûts de la matière première s’en trouvent alourdis.

Le marché réunionnais est caractérisé par une insuffisance de débouchés. Par conséquent, l’outil de production est souvent surdimensionné pour le marché local mais sous-dimensionné par rapport à des unités semblables en Europe. Les lignes de production ne sont en moyenne utilisées qu’à 63 % de leur capacité. Cette sous-utilisation des capacités de production fait baisser la rentabilité des investissements et la compétitivité des produits face aux importations

…ET AUSSI DES ATOUTS

La croissance démographique stimule l’économie. En particulier, la jeunesse de la population est un facteur de dynamisme.
La Réunion bénéficie d’une garantie de stabilité, monétaire en particulier, de par son statut et son appartenance à l’Union européenne. Cette garantie de stabilité constitue un attrait indéniable dans cette région du monde.

Le niveau technique et technologique des entreprises est comparable à ceux des entreprises européennes. Ainsi, de nombreuses entreprises réunionnaises portent leurs efforts sur la qualité de leurs productions et sont en cours de certification selon le référentiel Iso 9 000.

L’industrie s’est surtout développée à la Réunion dans le secteur agroalimentaire sur le marché de l’import-substitution. Au cours des dernières années, le rythme d’expansion de ces marchés a été stimulé par des mesures exceptionnelles, comme la défiscalisation. Ce rythme est aujourd’hui plus modeste et les opportunités de nouvelles opérations d’import-substitution semblent être moins nombreuses, puisque beaucoup de produits sont déjà fabriqués localement. La part de l’activité réalisée à l’exportation reste encore très faible.

L’industrie semble donc être entrée dans une période de pause. Les progressions d’activité sont en général assez modérées. Les effectifs augmentent encore légèrement.

La croissance se heurte donc à l’étroitesse du marché. L’évolution favorable de l’économie ces dernières années ne peut se poursuivre qu’avec un développement important des exportations. La volonté des entreprises – et de façon générale de l’ensemble des acteurs du développement – de se tourner vers l’export doit se concrétiser dans les faits : c’est le défi à relever par l’industrie réunionnaise.

SOURCE MINISTÈRE DE L’ÉCONOMIE ET DES FINANCES